Dictionnaire Illustré du Novlangue

Dictionnaire Illustré du Novlangue / 2016 – 2017 (sélection)

Série de dessins, crayon sur papier, 40cm x 30cm.

(Le novlangue, en anglais newspeak, est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman 1984, publié en 1949. Le principe est simple : plus on diminue le nombre de mots d’une langue, plus on diminue le nombre de concepts avec lesquels les gens peuvent réfléchir, plus on réduit les finesses du langage, moins les gens sont capables de réfléchir, et plus ils raisonnent à l’affect. La mauvaise maîtrise de la langue rend ainsi les gens stupides et dépendants. Ils deviennent des sujets aisément manipulables par les médias de masse tels que la télévision. C’est donc une simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées potentiellement subversives et à éviter toute formulation de critique de l’état, l’objectif ultime étant d’aller jusqu’à empêcher l’« idée » même de cette critique. Hors du contexte du roman, le mot novlangue est passé dans l’usage, pour désigner péjorativement un langage ou un vocabulaire destiné à déformer une réalité, ou certaines formes de jargon.)

Dans mes recherches, j’ai trouvé un petit dictionnaire de la langue Novlangue. Partant sur le principe du pouvoir de manipulation de médias de masse, j’ai écrit chaque mot de ce dictionnaire dans l’espace du moteur de recherche « image » en Internet, par la suite je choisis une image, généralement la première qui se dévoile ou bien celle qui est la plus juste à mon critère, j’utilise cette image pour illustrer le mot du dictionnaire Novlangue. Je reproduis l’image en dessin, le choix de l’image est influencé par ma propre critique et le résultat du dessin est influencé par l’émotion, la mémoire individuelle et collective, provoqué par l’association image et mot.

Ce que je trouve intéressant dans cette démarche est que l’image correspondant au mot rédigé évoque parfois tout autre sens, caractéristique propre de la langue Novlangue. L’image influence ainsi la direction de la réflexion et le sens véritable du mot ou pas, laissant tout place à l’affect.