La Houle

La Houle / 2018
Mât en bois, métal et drapeaux de l’UE.

L’installation évoque la danse de la cinta, une danse traditionnelle cubaine inspirée par la « tumba francesa ». Je m’intéresse au geste circulaire de cette danse et à son mouvement cyclique, car ici les danseurs tournent autour d’un mât en tissant des bandeaux colorés sur son axe.

Le mât, en tant que symbole axial, est une représentation de «l’axe du monde». Il symbolise l’aspiration de l’homme vers le sommet, à partir de sa nature inférieure, pour atteindre le ciel, la nature supérieure. Ici, c’est pour atteindre une vie meilleure car les migrants traversent mers et terres en poursuivant leur rêves. Ce mouvement axial n’est pas soumis aux conditions de l’espace et du temps, c’est à dire que tous les possibles sont possibles.

Tout comme la pièce Trophées, cette œuvre donne la lecture d’un présent éternel évoquant l’immatériel. L’idée de rotation et de mouvement signifient le changement continu des choses manifestées, néanmoins le centre reste immobile, fixe et inaltérable dans ce présent éternel. Je remplace les bandes colorées par les drapeaux EU, ce qui évoque poétiquement le tissage et le métissage de l’Europe par les Hommes venus d’ailleurs. L’installation se présente également en performance. Les 6 participants (migrants du camp des réfugiés) actionnent la danse autour du mât, tissant et détissant les drapeaux.